L'histoire des films d'horreur


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Comment fonctionne la peur?

Définition:

  La peur est un trouble émotif, un sentiment de forte inquiétude, d’alarme, en présence ou à la pensée d’un malheur, un danger, une menace.

Son fonctionnement:

Réflexe

 Les réactions naturelles de la peur sont bien connues: accélération du rythme cardiaque, élévation de la pression sanguine, sueurs, hérissement des poils et des cheveux, augmentation de la sécrétion d'adrénaline... Les deux seuls objets qui provoquent spontanément la peur chez l'enfant seraient le bruit violent et la sensation de perte de soutien (l'impression de tomber). Tous les autres facteurs de la peur le seraient devenus par conditionnement (le chien fait peur car son image est liée au bruit violent). Ces réactions organiques, posent, dans le cas de l'homme, un problème particulier, du fait qu'elles sont doublées par une série de réactions mentales (représentations, images, idées...) qui constituent, dans bien des cas, l'aspect le plus important de la peur. C’est l'explication au mécanisme de la peur lors de la projection d'un film d'horreur. Même en sachant que nous ne couront aucun danger la représentation et l’image provoque en nous une série de réactions psychiques.

Fonction

 Il est intéressant de se demander si la peur a des effets utiles. Le physiologiste Cannon (1929) dit que la peur est accompagnée d'une augmentation de la sécrétion d'adrénaline – qui provoque la libération du sucre, aliment musculaire par excellence – pour justifier le vieux proverbe «la peur donne des ailes». Il est facile de penser que la personne effrayée fait un mauvais usage de cet excédent d'énergie et qu'il se déclare souvent paralysé au point de renoncer à lutter. Montaigne l’illustrait très bien en écrivant :  « Tantôt elle nous donne des ailes aux talons... tantôt elle nous cloue les pieds et les entrave. ». Jean-Paul Sartre l’explique dans son "Esquisse d'une théorie des émotions" (1939): la peur serait, malgré son apparence passive, une conduite intentionnelle, de type magique, par laquelle la personne viserait à nier l'objet dangereux «et qui ira jusqu'à s'anéantir [dans l'évanouissement] pour anéantir l'objet avec elle».

 Deux remarques peuvent suggérer une solution: le véritable inducteur de la peur n'est pas le danger, mais le danger brusque (ou son ombre), pourvu qu'il surprenne. D'autre part, l'importance des manifestations de la peur croît avec la place du sujet dans l'échelle animale et, chez l'homme, avec l'intelligence et la culture. De ce point de vue, la peur pourrait être définie comme une brusque décharge, dans une situation d'urgence. On rendrait compte, ainsi, à la fois de son aspect énergétique et de son caractère médiocrement adaptatif. On expliquerait, du même coup, pourquoi la peur provoque souvent une chute dans des comportements stéréotypés de niveau très inférieur à celui d'une personne maître d'elle-même. La peur chez l'individu est l'émotion régressive par excellence (qui va jusqu'à une fixation durable). Liée à la vie, défensive, protectrice, mais dépassée par l'instantanéité des périls, son importance chez l'homme est à la fois la rançon de la culture humaine et le signe de sa fragilité.

Thèmes associés:

 La psychologie intellectualiste voyait dans les troubles du corps une simple répercussion des troubles de la conscience en face d'un danger. William James proteste, dans sa "Théorie périphérique des émotions", en affirmant que, au contraire, la peur n'est que la prise de conscience du désordre physiologique causé d'abord au niveau du corps par le choc émotif. «Je vois un ours, je tremble, j'ai peur», tel serait l'ordre réel de succession des phénomènes. Il paraît de nos jours évident que la dispute est assez inutile et qu'on a là un bel exemple des influences entre la physique et le psychique.

Les affects

 Terme de la psychologie allemande défini par Wundt comme un sentiment, une décharge émotionnelle plus ou moins intense, agréable ou pénible, qui prend sa source dans une représentation mentale, un processus psychique provoqué par un objet extérieur ou par une association d’idées. Pour Freud, dans sa "Théorie des pulsions", toute pulsion comporte deux versants: la représentation, inconsciente, et l'affect qui y est lié. L'affect est l'aspect qualitatif de la quantité d'énergie pulsionnelle investie dans la représentation. Sans l'affect nous n'aurions aucun mode d'accès à la pulsion.Dans ses premiers travaux sur l'hystérie, Freud avance que la cause du symptôme est un traumatisme sexuel qui n'a pas pu s'exprimer sur le moment par une décharge d'affect appropriée. Ce souvenir traumatisant devra être remémoré au cours de la cure; avec lui la reviviscence et l'expression de l'affect bloqué entraîneront la levée du symptôme.

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Musique de la série X-Files (Chris Carter , 1993)