L'histoire des films d'horreur


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Le Snuff Movie

 "Tous les tabous sexuels ont été montrés à l'écran et nous pouvons nous demander : quelle sera la prochaine étape dans cette surenchère ? Ce pourrait être le meurtre. Ces films ont un nom : les snuff-movies, où l'assassinat est commis sans simulation..." Cette déclaration de Roman Polanski sert d'introduction au film "The evolution of snuff" de Andrzej Kostenko qui tente de retracer l'histoire de ce ces films.

Le film fantastique et plus particulièrement le snuff-movies a nourri durant des décénies nombre de mythes plus ou moins douteux. Vrais ou faux?

Éléments d'histoire:

 Déjà en 1922 on disait que Max Schrek, l'acteur de Nosferatu de Murnau, était lui-même un vampire! Dans les années soixante-dix, un autre mythe allait naître : le snuff movie. En 1974, une équipe américaine décide de faire une série Z vaguement inspirée de l'affaire Charles Manson. Filmé en Amérique du Sud (vraisemblablement en Argentine) sans son et doublé dans des studios aux États-Unis, "Slaughter" (c'est le titre du film) n'eut aucun succès. Peu après ce film tombé dans l'oubli ressorti en vidéo sous le titre "Snuff", prétendant ètre un (le seul) film où les morts étaient réels (l'adjectif snuff sera par la suite donné à ce genre de films). Les autorités des pays dans lesquels le film avait été commercialisé enquêtèrent et arrivèrent tout naturellement à la conclusion que tout n'était qu'effets spéciaux, de surcroit de mauvaise qualité. Néanmoins une partie du public en mal de sensations fortes consomma la cassette, qui eut donc cette fois un succès beaucoup plus important, comme quoi le marketing compte!

 Au festival de Cannes, il y a quelques années, l'Italie présentait dans la compétition officielle un film de Gualtiero Jacopetti : "Mondo Cane". C'était l'ère du snuff avec alibi ethnographique. Le cinéaste avait parcouru le monde, sa caméra a l'épaule, en traquant ses aspects les plus cruels. Exemple : un explorateur mangé par le lion, en direct. Face à une critique déchaînée, Jacopetti défend, avec virulence, son film. Il est vrai qu'on lui reprochait d'avoir donné un petit coup de pouce aux événements. Pourtant, Gualtiero Jacopetti récidive deux ans plus tard avec "Mondo Cane 2" et engendre une école italienne spécialisée dans le genre. Tous ces films reposent sur cette ambiguïté : mêler réalité et fiction. À nous, spectateurs, de faire le tri parmi toutes ces scènes horrifiques.

 Voulant réaliser le même coup d'éclat, l'italien Ruggero Deodato, grand spécialiste du cannibalisme à toutes les sauces lance en 1979 une grande campagne marketing pour sa pièce maîtresse "Cannibal Holocaust". L'histoire est simple : une bande de jeunes cinéastes débarque en Amazonie pour filmer les autochtones. Mal leur en prendra car ils seront tués un par un, dans d'atroces souffrances. Les bandes sont retrouvées, l'enquête sur la localisation des bandes filmées par Deodato et celui-ci prétend avoir de véritables images d'archives écoeurantes sur le cannibalisme! Devant les menaces d'interdiction, certaines mises au point s'imposaient. En particulier que rien n'était vrai dans cette histoire...

Anecdotes:

 "The Guinea Pig series" ont une histoire un peu particulière. Deux bandes vidéo arrivent dans une chaine de télévision japonaise, sans nom ni titre. Ces films horribles sont diffusés, puis une lettre anomyme est adressée à la chaine de télévision pour lui signifier que ces films sont réels. Affolées, les instances dirigeantes demandent une enquête qui montrera que cette lettre n'est qu'un canular.

 Il existait un vidéo club à New York très connu pour ses snuff movies qui se louaient sous le manteau. Les clients demandaient discrètement les K7 aux vendeurs, venus du pays du soleil levant. Ils étaient alors conduits dans une petite pièce ou on leur présentait les chef-d'oeuvres en question...avant de les abattre, le tout filmé par des caméras cachées! Les vicieux venaient donc malgré eux enrichir la collection de ces honorables amateurs du septième art! Mais est-ce vrai?

  Il paraîtrait que des interprètes-victimes seraient manipulés : le "producteur" embaucherait des "comédiens" pour un vulgaire film pornographique, comme il s'en fait à la pelle à Los Angeles. Puis, évidemment, cela finirait très mal pour eux. Hollywood ne manque pas de ces acteurs prêts à n'importe quoi, pour une poignée de dollars.

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Musique du film L'Exorciste (William Friedkin, 1974)