L'histoire des films d'horreur


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Une société accommodée à l'horreur :

De nos jours, qui n'est jamais allé au cinéma voir un film pleins de cris et de sang? Le cinéma de l'horreur a toujours été un genre fort attractif pour les jeunes (public principal) mais aussi pour les plus âgés. Ces visions de sang, de mort et de dégoût entretiennent une peur jouissive qui procure un réel plaisir.

  La peur est une émotion au même titre que l'amour ou la honte. Un homme a besoin de toutes ces émotions pour vivre pleinement. Si dans une societé comme la nôtre, il est simple d'aimer ou d'avoir honte, il l'est encore plus d'avoir peur (et de plus en plus de nos jours). Seulement l'homme n'aime pas ses faiblesses: il veut contrôler ses émotions. Les films d'horreurs lui permettent d'une certaine sorte un enseignement de la peur. Après une projection le monde "réel" sera pour lui moins impressionnant grâce à cette épreuve passée. On peut donc dire que ces films permettent de relativiser sur "l'horreur" de la vie quotidienne.

 Les jeunes aiment l'épouvante beaucoup plus que leurs parents ou grand-parents. Pourquoi? Une explication pourrait être que les films d'horreur représente un univers de rébellion esthétique vis-à-vis de toute tutelle parentale, sociale, religieuse... une sous-culture dans laquelle les jeunes aiment se retrouver parce qu'elle choque les gens plus âgés. Il y a ce même phénomène dans la bande-dessinée ou dans le jeu vidéo.

 C'est un"rituel de passage" pour l'enfant que de regarder son premier film d'horreur. Mais il y a un risque que ça le déboussole. En effet regarder pour la 1ère fois un film de ce genre est bien souvent un souvenir inoubliable et la plupart du temps traumatisant. C'est ainsi que l'on peut parler de conséquences aléatoires: "Thomas, 10 ans, a peur du noir et ne peut pas s'endormir sans veilleuse depuis qu'il a vu "Le loup Garou de Paris" chez un camarade sans présence d'un adulte" (source: T.V sur Arte) ou bien de conséquences psychologiques plus graves: "Maëlle, 12 ans, a peur du noir comme tout les enfants, mais sa peur s'étend à la phobie car elle n'a pas seulement peur du noir, mais aussi du sang, des inconnus, des couteaux, des masques, des lieux sombres tel le cinéma et de tout ce qui a un lien avec l'horreur" (source: T.V sur Arte). "L'impact d'un film d'horreur est variable d'un jeune à l'autre. De toute façon, on ne peut pas les empêcher de voir ces films. Ce qui pose question avec ce genre de long-métrage, à la frontière de la fiction et du jeu de rôles, c'est que les adolescents peuvent avoir du mal à faire la distinction entre la fiction et l'horreur" (interview de Dominique Frémy, pédopsychiatre dans "le Parisien").

 Avec le temps, les jeunes devenus adultes n'ont plus le même esprit de rébellion et ont regardé plus de films d'épouvante. Ils se sont habitués aux outils cinématographiques qui provoquent la peur. Maintenant certains films "d'horreur" les font même rire. Les adultes ont fait leur apprentissage inconsciemment et ils ne ressentent plus les mêmes plaisirs devant ce genre de film. C'est pourquoi ils recherchent avant tout des scénarios originaux dans les films horrifiques pour ressentir à nouveau ce sentiment de peur. En effet quand on grandit le besoin d'avoir peur est toujours présent.

 

 

 

"Les films d'horreur en accusation":

L'impact des films d'horreur sur certains jeunes peut être très important. Les films d'horreur et "Scream" en particulier, ont influencé plus d'un jeune meurtrier. En témoigne cette liste:

- Novembre 2001, Gerpinnes (Belgique): Parce que sa jeune voisine de 15 ans refuse ses avances, Thierry Jaradin, 24 ans, la poignarde de 22 coups de couteau. Avant de l'assassiner, ce fan de films d'horreur enfile tunique noire et masque blanc, comme le tueur de "Scream", et dépose une rose rouge dans la main de la défunte. Cette mise en scène était préparée depuis trois jours.

- Avril 2000, Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine): Cape noire, masque blanc, armé d'un couteau de cuisine, Nicolas, 16 ans, poignarde son père et sa belle-mère. La veille, le collégien timide et réservé, victime de problèmes psychologiques, avait visionné le troisième opus de "Scream".

- Février 1998, Metz (Moselle): Comme dans la dernière scène de "Seven", Pierre Navelot, et un complice attirent une jeune fille pour la décapiter. Ils veulent envoyer sa tête à l'ancienne petite amie de Pierre, qui l'avait quitté. Surpris, ils abandonnent leur proie, percée d'une vingtaine de coups de couteau. Ils seront condamnés à 30 ans et 28 ans de réclusion criminelle.

- Mars 1996, Gournay-sur-Marne (Seine-Saint-Denis): Véronique, 18 ans, et Sébastien, 17 ans, tuent de plusieurs coups de couteau Abdeladim, 16 ans, après l'avoir attiré dans un piège inspiré du film "Tueurs nés". Véronique a été condamnée à 15 ans de prison, Sébastien à 12 ans. Warner retira la cassette de la vente et de la location.

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Musique de la série Buffy contre les vampires (Joss Whedon, 1997)